L'intégrale du texte est ici : http://www.lesclesdumidi-retraite-active.com/forum/viewtopic,t,6830.html Puisse-t-il vous donner envie d'aller en Casamance !

Cet article date de 2007, y a t'il eu quelques changements depuis ?.

La belle Casamance

vueLa Casamance est la partie sud du Sénégal comprise entre l'enclave de la Gambie au nord et la frontière de la Guinée-Bissau au sud.
Le village de Diembering en Basse Casamance
Sa capitale régionale, Ziguinchor, est à 450 km de Dakar. Cette région, d'une superficie de près de 30000 km2, porte le nom du fleuve de 300km qui la traverse. Le climat est de type tropical humide avec une longue saison de pluie (quant elle veut bien ! ) et une végétation abondante.
La basse vallée du fleuve est constituée par un long et étroit estuaire aux rivages bordés de mangroves, en raison de la remontée de l'eau de mer lors des marées jusqu'à son mi-parcours (150 km). Ceci qui a créé de nombreux bras se tortillant au milieux des terres, avec un tracé plus calme. On appelle ces bras des bolongs. Ils ont une eau salinisée. Sur les bordures, une très nombreuse et dense végétation, dont les célèbres palétuviers, aux pieds desquels se fixent des huîtres en grappe (se mangeant grillées, et l’on s’amuse bien pour les casser). Ces bras, par endroit peu profonds et d’autres, de quelques dizaines de mètres de profondeur, permettent d’agréables déplacements très calmes pour les indigènes. On peut ainsi remonter de Cap Skirring jusqu’à l’embouchure de la Casamance, presque parallèlement à la mer.
La pêche au gros permet, entre autre, de prendre Capitaines et des barracudas..
En Basse Casamance, les Diolas constituent la population la plus importante avec les groupes qui leurs sont assimilés (Floup, Diamate, Mandjak, Balante) et qui, comme eux, pratiquent la religion traditionnelle ou sont christianisés. La sécheresse dans le reste du Sénégal a fait affluer les Wolofs, musulmans, et cultivateurs de l'arachide, vers les riches terres de la région.

La Basse Casamance

salonLa Basse Casamance est la région administrative de Ziguinchor (7339 km2). Malgré sa taille modeste c’est sans conteste la région la plus riche. On la surnomme d’ailleurs le grenier du Sénégal. Elle compte à elle seule la moitié des ethnies sénégalaises. C’est sans nul doute la plus belle région du pays. Ses forêts denses, ses plages merveilleuses, longues de plusieurs kilomètres, bordées de cocotiers du Cap Skirring à Abéné, ses îles et ses bolongs, ses villages mystérieux, abrités par d’immenses fromagers font que des chaînes d’hôtels prestigieuses s’y sont installées récemment (ce qui n’était pas le cas il y a 20 ans !).
Ici tout est différent de la vie du Nord du pays. On est en majorité catholique. Bref, la Basse Casamance est orientée vers sa voisine, la Guinée-Bissau, dont elle accueille d’ailleurs de nombreux travailleurs, alors que le Nord est résolument sahélien. Les différentes ethnies, bien qu’elles vivent en parfaite harmonie, sont regroupées en village ou en quartier.
Une flore très diversifiée : l’arbre du voyageur, les palmiers à huile, les cocotiers, le magnifique fromager (photo en bas) tentaculaire, les énormes ficus sont présents en grand nombre.
Comment ne pas être étonné devant l’ingéniosité des techniques de riziculture très élaborées (le riz et les poissons sont les principales nourritures). On trouve également beaucoup d’artisanat, surtout avec l’arrivée des touristes il y a quelques années.
Il y a longtemps, les constructeurs Diola, seuls en Afrique à avoir construit les cases à impluvium (grand trou au centre du toit, pour récolter, à l’intérieur, l’eau de pluie), à voir surtout à Enampore et Seleki, les villages les plus célèbres pour ces cases. Puis les célèbres cases à étage à M’Lomp, village unique en Afrique à en posséder.
A env. 8 km. de là, Elinkine, un des nombreux villages de pêcheurs, avec séchoirs à poissons, faits de claies surélevées (bonjour les odeurs !) Dans la plupart des villages, l’on trouve actuellement des campements villageois (pour ceux qui aiment).
plarL’Ile de Karabane à l’embouchure de la Casamance était à 30 min. en pirogue d’Elinkine (c’était le bon temps) ; c’était un site historique avec une église bretonne ! Et comme seul « hôtel », un couvent, tenu par des sœurs, avec un bar contenant tous les alcools connus en Europe !. Seuls, à cette époque, les vacanciers du Club Med y passaient la nuit, lors d’un circuit de 2 jours. Qu’il était bon et calme, le matin vers 7 heures de se promener seul entre les cases, où les femmes allumaient le feux, et plus tard de passer devant les « bâtiments scolaires » construits en bambou et feuilles de palmes. Un enseignant gagnait l’équivalent de 250.- frs suisses (en 1981).

Cap Skirring

Les plages du Cap Skirring sont, paraît-il, les plus belles du Sénégal. Ce n’est pas un hasard si le « Club Med » fut le premier a s’y être installé, au milieu des années 1970, un magnifique ensemble de bungalows, groupés en blocs de 6 logements, dans un superbe parc aménagé, sous les cocotiers et en bordure d’une très grande baie avec une large plage de sable magnifique. Seul voisinage à l’époque, un petit hôtel-restaurant, dans la baie voisine. Mais généralisons cela à toute la côte qui part de Niykine à l’embouchure du fleuve Casamance(au nord) à Kabrousse à la frontière bissau-guinéenne(sud).

Le sable doré est d’une finesse rare, la mer est toujours chaude et sûre, la côte est très arborée (cocotiers, palmiers, etc...).

De plus, même au plus fort de la saison touristique, les plages sont tellement grandes qu’elles paraissent désertes. Bref, c’est le paradis balnéaire.
chambreDepuis, nombreux sont les hôtels et les campements qui ont poussé dans cette zone, et tous les goûts sont servis. Tous les prix sont disponibles, et tous les luxes permis. De grandes chaînes d’hôtels comme le Club Med, jusqu’aux petits hôtels indépendants ou campements : vous pourrez, vous ou vos enfants, y trouver votre bonheur.
En outre, malheureusement plusieurs projets immobiliers vont diversifier l’offre du Cap, tant pour les acheteurs que pour ceux qui loueront ces villas de standing, dès la saison prochaine. On ne peut que regretter que cet endroit idyllique soit parfois le lieu de malfaisance des habituels attrape-touristes (la plupart du temps des jeunes, originaires du Nord) qui peuvent être agressifs et violents lorsqu’on ne réalise pas leur quatre volontés.

En effet, des touristes peu éclairés pensent utile de distribuer de l’argent à des gens ), qui sympathisent avec eux en leur disant qu’il sont leurs « amis ».

Ces touristes se font arnaquer tout simplement. Bref, ces petits vendeurs d’herbe ou d’objets «d’art» sont véritablement à éviter.
Méfiance donc à Cap Skirring, et surtout attention à ceux qui vous abordent. «Alors les cools, comment ça va? Mon frère a un campement, viens-voir ! Tu veux des objets d’art, j’en ai etc...».

En tout état de cause, le Cap, malgré ses nombreux hôtels, reste un village, et vous y serez plus tranquille qu’à Mbour ou Saly (à 80 km de Dakar) où il y est d’ailleurs prévu de construire un grand aéroport international pour les touristes se rendant sur « la petite côte ».
Les amateurs de pêche trouveront leur bonheur dans les eaux de l’océan (carpes rouges ou jaunes, barracudas, capitaines, carangues, etc...) ainsi que dans l’estuaire du magnifique fleuve Casamance et le long des nombreux Bolongs.

bibliCap Skirring est accessible par avion directement d’Europe en saison. Quelle évolution, en 1981, la petite piste était faite de coquillages concassés, et seul les avions de 20 places maximum pouvaient y atterrir. Le samedi et le dimanche, c’était le bal aérien, le « Club Med » se trouvant à 10 min. La nuit, si un avion était annoncé, un employé parcourait toute la piste pour allumer le liquide contenu dans de petits tonneaux.

La sécurité de cette zone est bien assurée,

Les militaires sont généralement des jeunes bien sympa et ne sont pas encore corrompus comme les gendarmes dans le Nord du Sénégal (j’ai assisté à une tentative sur mon fils qui aurait coupé une ligne blanche, sur un bout droit de 3 km, sans voiture; les contraventions encaissées «cash», la première, pour le gendarme, la deuxième pour son chef, et la troisième pour l’Etat. !!!

Mon fils s’est mis à parler « Diola » et a cité le nom d’un chef qu’il connaissait à Dakar, nous avons pu repartir sans problème) mais la répétition du traditionnel «montrage des papiers», à Oussouye, est fatigante.

En vingt ans, l’hôtellerie a passé à 2 ****, 1 ***, 1 * et 14 campements (ne veut pas dire campings mais petits groupes de bungalows) ou maisons d’hôtes.

Un anniversaire peu ordinaire

lutteursToujours en 1981, mon séjour correspondait à un anniversaire marquant.

L’on m’avait recommandé d’aller faire un bon repas, dans le seul restaurant (dans un giron de 30 km), tenu par un français, et se trouvant à env. 3 km, dans la baie suivante, histoire de sortir du « Club ». La « Paillote » – avis aux amateurs !
En route, par la plage, avec l’air frais de la mer, à mi-parcours j’ai ramassé de très nombreux coquillages (faute de bougies !) avec lesquels j’ai formé, sur le sable, un grand chiffre 50. Couché, le menton sur les mains, la photo a immortalisé l’événement qui s’est poursuivi, attablés sur la terrasse surplombant la mer, en dégustant une bonne langouste « non congelée », accompagnée d’un Muscadet, le tout, bien entendu en tête à tête.

Un super souvenir gravé et qui ne s’efface toujours pas.

La sécurité en Casamance : mythes et réalité

La Casamance, c’est dangereux ! Voilà ce qu’on vous dira dès votre arrivée à l’aéroport de Dakar ! C’est aussi en gros ce que l’on peut lire depuis plusieurs années sur les sites des ministères des affaires étrangères occidentaux. Qu’en est-il réellement?

Les chiffres sont éloquents : en vingt ans de revendication indépendantiste en Casamance, pas un seul touriste n’a été sciemment attaqué dans cette région sud du pays !

Oui, certes, quelques barreurs de routes ont à quelques reprises ces dix dernières années, vidé les poches de quelques occidentaux de passage.

caseMais qu’est-ce finalement comparé aux rues de Paris... ou à certains quartiers de capitales européennes ou asiatiques ?
Bref, si les morts sont innombrables (plusieurs milliers depuis 1981) de part et d’autre, jamais un occidental n’a été directement agressé. Personne n’étant à l’abri d’une balle perdue, il est arrivé, notamment début 2002, qu’une personne se retrouve avec du plomb dans l’aile (sans savoir d’ailleurs qui des indépendantistes ou de l’armée sénégalaise a tiré).

Bref, la Casamance, dans l’état actuel des choses, n’est absolument pas hostile au tourisme et n’a jamais été aussi accueillante. Je reçois d’ailleurs, depuis mon premier séjour, quatre fois l’an, le journal d’un Père missionnaire, dont l’action couvre un grand nombre de villages, et qui n’a jamais eu quoique ce soit à déplorer dans sa région. (Vous trouverez ici prochainement un article le concernant.)

Pourquoi donc, aujourd’hui, cette réputation d’insécurité chronique colle-t-elle à la Casamance ? C’est que depuis vingt ans tout n’est pas rose. L’image idyllique de la région a été brisée par trois faits marquants :

la «disparition» de quatre français,

L'attaque des pêcheurs du Cap Skirring par les indépendantistes

et la répression sanglante par l’armée sénégalaise qui, depuis dix ans, malgré les remontrances de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (voir en marge) et d’Amnesty International, a détruit la plupart des villages du Sud Kassa et massacré des centaines de civils à l’intérieur du pays, à la frontière de la Guinée.

D’après la presse sénégalaise, les prétendus «rebelles» ne seraient plus que quelques dizaines, n’œuvrant plus pour une quelconque idée politique mais par pur esprit de piraterie. Quelques rares embuscades tueraient quelques militaires sénégalais, mais c’est surtout chez la population civile qu’ils entretiendraient la peur grâce à des pillages réguliers de petits villages forestiers.
L’esprit d’émancipation d’une grande majorité de Casamançais est toujours présent. La plupart des Diolas sont aujourd’hui indépendantistes, même s’ils ne le disent pas ouvertement, craignant des représailles qui ne manqueraient pas d’arriver.

Depuis des années, le peuple casamançais est rabaissé par les gens du Nord qui pourtant auraient beaucoup à apprendre.
La Casamance est enclavée entre la Gambie et la Guinée-Bissau.

Le gouvernement ne fait pas grand-chose pour que cette enclave se sente avant tout sénégalaise.

Un bateaux inconfortable (le Djoola) reliait jadis Ziguinchor à Dakar : 16 heures de navigation ! Certains ont vu les images de la catastrophe qui s’est produite en 2001, le bateau était plus que surchargé et à coulé ; il y a eu 2600 morts (plus que sur le Titanic et personne n'en parle ...).
C’était le moyen le plus « rapide » pour aller vendre les produits et, en contrepartie, acheter tout ce qui ne se trouve pas en Casamance.

Par la route, il faut jusqu’à 10 h, selon l’humeur des douaniers de la Gambie, pour laisser traverser en bac les camions casamançais.
La Casamance est la région potentiellement la plus riche du pays : tourisme, agriculture, pêche, commerce avec la Gambie et la Guinée-Bissau.

C’est pourtant ici que les investissement de l’État sont les moins importants. La Casamance pourrait nourrir le pays, mais les paysans ne veulent pas travailler pour rien : les denrées périssables (fruits, légumes, poissons...) du fait de la lenteur des transports en commun et de leur faible nombre ne peuvent arriver dans de bonnes conditions à Dakar!

Les Casamançais réclament toujours de gros investissements d’infrastructure leur permettant de moderniser leur région.

C’est surement à ce prix que le mouvement indépendantiste cessera d’exister !
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Le bonheur est dans le pré.